Je dois avouer que le charme et en meme temps l'inquiétude que j'éprouvais à chaque fois devant ma sellette ont caractérisé toutes mes années d'études,d'abord à l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger,à tel point qu'au moment où je décidai de fréquenter l'Ecole Supèrieure des Beaux-arts je dus me "battre" pour créer la section sculpture. En premiére année,,j'étais donc l'unique étudiant dans cette section,assisté d' un enseignant polonais.Je pensais avoir eu dans cette école un bonne préparation ,mais j'avais l'impression que quelque chose d'important me manquait. Ma grande satisfaction fut quand je découvris pour la première fois le marbre de Carrare.


Pour moi la taille directe était la vrai sculture, ça m'impliquait émotivement et physiquement.Le marbre transformait mes idées, modelées d'abord en argile,il traduisait donc mes sentiments et les matérialisait devant moi,il me révélait ses secrets et les connaitre me faisait souffrir,j'ai appris à l'aimer et à le réspecter tout en le craignant,à le seconder dans sa propre nature pour pouvoir y obtenir le maximum de ses préstations.


Et c'est avec cette "religiosité" que je m'approche encore aujourd'hui à cette matière: quand je la choisi,quand je la taille;et à partir du moment où la figure commence à prendre forme c' est comme si il y aurait entre nous un pacte qui m'accompagnera jusqu'à la fin de l'oeuvre... et au delà.